Markdown : les éditeurs accessibles et mes patrons à télécharger
Ce que je vous avais promis
Dans l’épisode 63, je vous ai expliqué le Markdown : à quoi ça sert, comment ça s’écrit, et pourquoi c’est une petite révolution quand on navigue au lecteur d’écran. Et je vous avais annoncé deux choses pour le blog. Un article qui recense les logiciels, gratuits de préférence. Et des patrons prêts à l’emploi, à télécharger.
Les voilà tous les deux.
Le vrai intérêt, en une phrase
Un fichier RTF ou TXT, c’est robuste, ça s’ouvre partout, et ça marche. Mais dès que le document dépasse quelques centaines de lignes, il n’y a plus rien pour s’y repérer : on fait défiler, et au bout d’un moment, c’est la mémoire qui travaille. Moi, je n’ai pas envie que ma mémoire serve à retenir où se trouve la ligne « discrétion » dans ma feuille de personnage. J’ai déjà assez de choses à retenir dans une journée.
Le Markdown règle ça, parce qu’il donne une structure au document. Des titres, des listes, des liens. Une fois le fichier converti en HTML, le sélecteur d’éléments de VoiceOver — VoiceOver plus I sur Mac — ou le mode navigation de NVDA vous emmènent directement à la bonne rubrique. Vous tapez les premières lettres, vous y êtes. En pleine partie de jeu de rôle, ça change tout. Dans un dossier administratif de quinze pages aussi.
Les logiciels
Sur Mac : MacDown 3000
C’est celui que j’utilise, et je n’en cherche pas d’autre. MacDown 3000, avec le chiffre 3000 derrière, est la suite de MacDown : c’est la version compatible avec les processeurs Apple Silicon. Elle est très légère, très simple, et elle fait exactement ce qu’on lui demande. Gratuite.
Sur Windows : le manque, et une piste
Je vais être honnête : lors de mes recherches, je n’ai trouvé aucun éditeur Markdown vraiment convaincant côté accessibilité sur Windows.
Ce qu’on m’a soufflé, c’est Visual Studio Code. Sauf que Visual Studio Code, c’est un environnement de développement complet. Pour écrire une lettre en Markdown, c’est un peu prendre le marteau-piqueur pour retirer une vis. Ça marche, mais on ne devrait pas avoir besoin de ça.
En creusant, une autre approche est apparue, et elle me semble bien plus juste : arrêter de chercher un éditeur, et ajouter la fonction au lecteur d’écran. Il existe une extension NVDA gratuite qui s’appelle Markdown Forever, recensée sur nvda.fr. Elle convertit le Markdown en HTML et l’inverse, avec un aperçu, depuis des raccourcis : NVDA plus Contrôle plus I pour le mode interactif, NVDA plus Alt plus B pour afficher le résultat dans le navigateur, NVDA plus Majuscule plus H pour copier du HTML mis en forme.
L’idée est séduisante : vous écrivez dans n’importe quel éditeur de texte, même le plus basique, et c’est NVDA qui se charge de la conversion et de l’aperçu.
Je ne l’ai pas encore testée moi-même, et la documentation précise que le HTML mis en forme se colle dans Word, WordPad ou Thunderbird mais pas dans un simple bloc-notes. Donc considérez ça comme une piste sérieuse à vérifier, pas comme une recommandation validée. Si vous l’essayez, écrivez-moi : je compléterai cet article avec vos retours, et je citerai vos noms.
C’est d’ailleurs valable pour tout le reste. Si vous utilisez un éditeur Markdown accessible sur Windows, sur Linux, sur iPhone ou sur Android, dites-le moi. Cet article est fait pour grossir.
La seule vraie limite du Markdown
Le Markdown ne sait pas aligner du texte. Ni à droite, ni au centre, ni en justifié. Pour un mémoire ou des notes, on s’en moque. Pour un courrier administratif, c’est embêtant : les coordonnées du destinataire se mettent traditionnellement à droite.
La solution tient en trois lignes de HTML glissées dans le fichier. Le Markdown accepte le HTML, tous les convertisseurs le comprennent, et vous n’avez rien à savoir de plus que le copier-coller. C’est ce que j’ai fait dans le patron de lettre ci-dessous : les blocs sont déjà en place, vous n’avez qu’à remplacer le texte.
Les patrons
Ils ont leur propre page, avec le détail de chacun et le mode d’emploi : les patrons Markdown à télécharger.
Quatre pour commencer : une lettre administrative, un compte rendu de réunion, une fiche de personnage de jeu de rôle, et une préparation de rendez-vous. Ce sont des fichiers Markdown ordinaires — vous téléchargez, vous remplacez ce qui est entre crochets, et c’est à vous.
Et si vous préférez ne rien installer du tout, la lettre administrative existe aussi en formulaire à remplir directement dans le navigateur. C’est d’ailleurs la réponse la plus simple au problème Windows évoqué plus haut : avec un formulaire, plus besoin d’éditeur Markdown.
📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr
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