Aveugle, malvoyant, déficient visuel : comment m'appeler sans se tromper (et pourquoi ce n'est pas grave)

Épisode 1
podcast accessibilité handicap visuel idées reçues vocabulaire savoir-vivre

Ce que la couleur d’une canne ou de verres vous apprend, et un message aux deux camps : proposez votre aide, et acceptez qu’on la refuse

Voici le tout premier épisode d’Un Miro dans la Ville. Et j’ai choisi de commencer par une question qui me touche particulièrement, parce qu’elle conditionne tout le reste : comment appelle-t-on une personne qui voit mal, ou qui ne voit pas ?

Le terme le plus commode est « déficient visuel », puisqu’il regroupe les personnes malvoyantes et les personnes non-voyantes. Certains le refusent, par crainte d’une confusion avec « déficient intellectuel » — un rapprochement que je ne fais pas. Nous avons un sens déficient, la vue ; le mot est juste, et beaucoup d’associations l’ont d’ailleurs adopté dans leur nom. À nous de nous l’approprier.

Si vous voulez tout de même distinguer les deux, il y a des indices observables, et je vous les donne. La couleur de la canne, d’abord : à côté de la canne blanche, il existe une canne jaune, beaucoup moins connue. Les verres, ensuite : une personne non-voyante portera le plus souvent des verres noirs, parce qu’il faut protéger ses yeux même quand on ne voit pas, tandis qu’une personne malvoyante utilisera plutôt des filtres colorés — rouge, orange, jaune, vert, bleu — choisis parce qu’ils l’aident à mieux voir.

Mais l’essentiel de cet épisode, c’est un message que j’adresse aux deux camps.

Aux personnes qui voient : n’hésitez jamais à proposer votre aide. Vraiment. Mais si on vous répond non, c’est non — nous sommes capables de décider, et de faire à peu près tout, simplement autrement.

Et aux personnes déficientes visuelles, un message que j’assume : ne sautez pas à la gorge de quelqu’un qui se trompe de mot. Si on vous appelle aveugle alors que vous êtes malvoyant, ou l’inverse, ce n’est pas grave. Ce qui compte, c’est que la personne ait fait attention à nous, parce que dans la rue nous sommes objectivement plus exposés. Alors répondez simplement « non merci », ou profitez-en pour demander le nom de la rue.

Parce qu’au fond, il n’y a pas de mauvaise façon de nous appeler. Il n’y a que de mauvaises façons de réagir quand quelqu’un se trompe. Et une personne à qui on a sauté à la gorge ne proposera plus son aide à personne. Nous avons tous beaucoup à gagner à rester cordiaux.

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Durée : 00:06:50 • Taille : 15.7 Mo

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