Livres audio : pourquoi je paie alors que j'y aurais droit gratuitement

Épisode 20
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Bibliothèque Sonore, médiathèque Éole, Audible : ce que dit la loi, ce que ça coûte, et pourquoi je ne veux pas qu’une IA me lise un roman

Dans cet épisode d’Un Miro dans la Ville, je vous parle de lecture. Ou plutôt d’écoute — et je commence par la question qui fâche : écouter un livre audio, est-ce vraiment lire ? Pour certains, non. Ce sont en général des gens qui n’en ont jamais consommé. Vous vous doutez de mon avis.

Je commence par les bases : un livre audio, c’est un livre lu par une personne. Une vraie. Ça peut être un bénévole donneur de voix, ou un narrateur professionnel, souvent acteur de doublage ou de théâtre — quelqu’un qui sait poser sa voix et transmettre une émotion.

Je vous explique ensuite ce que dit la loi : toute personne empêchée de lire doit pouvoir accéder gratuitement à la lecture dans un format adapté. Concrètement, en France, cela passe par des organismes bien précis — la Bibliothèque Sonore, ou l’Association Valentin Haüy via sa médiathèque Éole, qui propose aussi du braille et du numérique. Non, vous ne pouvez pas entrer chez Leclerc et repartir avec les CD gratuitement.

Et puis j’assume une position qui va faire grincer : je paie mes livres audio. Parce que ce réflexe du « je suis handicapé, donc ça doit être gratuit » est quelque chose que je déteste dans le monde du handicap. Je vous détaille les offres, ce que représentent trente heures de lecture données par un bénévole, et pourquoi la qualité de narration change tout. Je prends deux exemples très concrets : Le Seigneur des Anneaux, que j’avais abandonné en version associative parce que le narrateur du troisième tome ne portait pas le récit, et que j’ai redécouvert dans la nouvelle traduction lue par Thierry Janssen ; et Harry Potter, réentendu après ma perte de vue, avec la voix de Bernard Giraudeau sur les premiers tomes.

Je réponds aussi à l’objection classique — « les personnes âgées ont besoin du CD et du Victor Reader » — parce qu’aujourd’hui une simple enceinte connectée à une vingtaine d’euros permet d’écouter son livre sans rien manipuler. Et je parle de l’accessibilité réelle des applications, qui progresse même si elle est loin d’être parfaite.

Enfin, deux choses qui m’inquiètent. Les éditeurs qui commencent à envisager de remplacer les narrateurs par des voix de synthèse, parce que ça coûte moins cher : si ça devient la norme, j’arrête. J’ai déjà un lecteur d’écran pour ça, je n’ai pas besoin qu’une machine me raconte une histoire. Et les offres par quota d’heures mensuelles, qui n’ont aucun sens quand un seul roman en fait trente.

Je termine sur une astuce que j’adore : pour travailler une langue, prenez un livre que vous connaissez déjà, dans cette langue. J’ai repris tout Harry Potter en anglais, et c’est un excellent entraînement pour l’oreille.

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Durée : 00:18:36 • Taille : 42.6 Mo

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