Impression 3D sans y voir : on a acheté nos imprimantes en même temps, on compare tout

Épisode 67
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Bobines de TPU, globe terrestre à tags NFC, imprimante pilotée au terminal avec Claude : nos débuts d’imprimeurs 3D quand on est déficients visuels

Dans cet épisode d’Un Miro dans la Ville, je tiens la promesse du précédent : on parle impression 3D, et je ne suis pas seul au micro. Kevin, président de la société iEyes et créateur des applications Just See et Just Tag, a acheté son imprimante presque en même temps que moi. Ce n’est pas la première fois qu’on a la même idée sans se concerter : son Just Tag s’est d’abord appelé VoiceTag, comme mon application. Alors on compare nos imprimantes, nos ratés et nos astuces.

Kevin pose les bases : le filament fondu couche par couche, la résine durcie aux UV, la poudre frittée au laser dans l’industrie. Les imprimantes à 2 000 euros d’il y a dix ans démarrent aujourd’hui vers 190 euros. On a tous les deux choisi une enceinte fermée : une Bambu Lab P2S et son AMS à quatre bobines pour lui, une Qidi Tech Plus 4 à enceinte chauffée pour moi, 27 kilos payés 650 euros au lieu de 800. Puis les filaments : PLA, PETG, ASA, et le TPU, souple, avec sa texture de bonbon au cola ou de scoubidou.

Du modèle à l’objet : on le dessine en code avec OpenSCAD, on le fait générer par Claude ou on le télécharge sur MakerWorld, puis le trancheur produit le G-code, un langage né dans les années 60. Viennent le remplissage, la vitesse, et les fameux spaghettis qu’on découvre en ouvrant la porte quand l’impression a décroché. Nos records : 13 heures pour ma battle map de jeu de rôle, 26 heures pour le globe terrestre de Kevin, imprimé en trois parties, avec des tags NFC pour reconnaître les continents.

Le déballage, c’est là que la cécité se fait sentir. Le livreur FedEx a monté mes 27 kilos au troisième sans ascenseur, et pour une fois, je n’ai pas insisté. Kevin s’est fait aider par son ami Clément, moi par Claude, manuel en main : les sangles à couper, les vis qui bloquent le plateau, et un filtre à charbon encore dans son sachet, qui aurait fondu dès la première impression.

Et puis le vrai défi : parler à une imprimante dont l’écran tactile ne nous sert à rien. La mienne tourne sous Klipper et Moonraker, l’interface web du fabricant est inutilisable avec VoiceOver : je la pilote donc depuis mon terminal, et je confie ses journaux à Claude quand une impression plante. Kevin, avec une machine plus fermée, « côté Apple » comme il dit, la commande avec Filprint, le logiciel qu’il développe : état de l’imprimante, tranchage, orientation automatique, aide à l’impression du braille, et même une petite télécommande qui parle. Son ambition : l’ouvrir à toutes les marques, pour que « mes mauvaises expériences deviennent vos bonnes expériences ».

Reste ce qu’on en fait : mon lettrage en relief en deux couleurs, avec le braille en ligne de mire, une tour Eiffel miniature pour enfin se représenter sa forme, le plan de New York qui annonçait à la sœur de Kevin un voyage pour ses 30 ans, des fidget toys, et mon projet de balance de cuisine parlante. On termine sur les fab labs, où les curieux ne manquent pas.

Comme promis à l’antenne, des sites pour trouver des modèles tout prêts : MakerWorld, Printables, Thingiverse, Cults, Thangs et MyMiniFactory.

Un épisode pour ceux qui hésitent à se lancer sans y voir, et pour les curieux qui se demandent comment un aveugle sait que son impression a raté. C’est le plus long du podcast : si vous allez jusqu’au bout, un mot de passe vous attend tout à la fin, à écrire en commentaire. Pour retrouver Kevin : ieyes.fr.

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Durée : 01:24:59 • Taille : 194.5 Mo

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